Histoire



Histoire et architecture

La première construction de ce château date du milieu du XIème siècle et on peut encore admirer le pavillon d’entrée qui précède les communs. Cette Tour Carrée, parfaitement conservée, présente des fenêtres à meneaux, un bel escalier de pierre et une cave dont la voûte est soutenue par un pilier central. Après le XIème siècle, Varennes évolue d’une place forte à une demeure seigneuriale : les fossés sont comblés.

Les communs, bâtiments des vignerons, datent du début du XVIème siècle. Ils comportent une magnifique halle supportée par des piliers de bois aux moulures gothiques. Elle donne accès aux caves agrandies au XIXème siècle et au cuvage où le vin de la propriété est élevé.

A l’ouest, les écuries ont été construites au XVIIème siècle. On peut admirer les pierres sculptées en volutes qui encadrent les porches construits pour faciliter l’entrée des attelages. Dans la partie droite de ce bâtiment subsiste un four à pain qui précéda la construction d’un four plus récent placé dans la petite dépendance au centre de cette cour.

Le pigeonnier seigneurial, avec ses alvéoles et son échelle pivotante, date de la fin du XVIème siècle, tout comme les restes de la chapelle, sous le vocable de Saint-Emilien, bâtie un peu plus loin au milieu des vignes par Jean de Nagu en 1577.

La partie principale du château a été presque entièrement reconstruite à la fin du XVIème siècle.

Pendant les Guerres de Religions, les Huguenots pillèrent et ravagèrent Varennes à plusieurs reprises, notamment en 1563 où la châtelaine d’alors se sauva et ne dut son salut qu’à son déguisement de servante. Son fils, le chanoine Pierre de Nagu, déshabillé, puis revêtu d’un costume de mendiant, fut traîné sur un âne jusqu’à Belleville où il mourut peu après.

Les tours rondes aux toits coniques sont décorées de niches agrémentées d’une coquille Saint-Jacques, symbole fréquemment utilisé à la Renaissance.

La cour intérieure, exposée plein sud, est encadrée de bâtiments agencés en fer à cheval. En son centre subsiste le puits, élément vital du château. Les toitures très pentues, aux tuiles plates bourguignonnes, représentent une superficie d’environ un hectare. La charpente à la française rappelle l’ossature d’un bateau dont certains poinçons sont sculptés.

La galerie Renaissance aux arcs en anse de panier, a été construite devant une façade encore gothique lors des grands remaniements de 1577.

L’escalier d’honneur en pierre de taille, à rampe droite, se situe dans l’aile ouest.




Les propriétaires au cours de l’Histoire

Le Château de Varennes a suivi la fortune de ses maîtres : modeste et humble sous les Villion et les Maréchal, il dut être riche et magnifique au temps des Sires de Beaujeu et de la puissante famille des Nagu qui posséda Varennes de 1395 à 1769.

1050-1200 Pierre de Varennes et ses descendants

1200-1290 Villion-Varennes

1290-1322 Maréchal-Varennes

Le jeudi après Pâques 1322, Hugonin Maréchal, fils de Geoffroy, vendit Varennes à Guichard V, Sire de Beaujeu.

1322-1395 Les Sires de Beaujeu

En 1395 Edouard II, Sire de Beaujeu, donna la terre de Varennes au Sieur Jean Nagu, son écuyer, pour lui et ses descendants afin, disait-il, de le récompenser de ses services.

1395-1769 Nagu-Varennes

La famille Nagu avait reçu son nom du fief de Nagu situé à Ouroux (Rhône). Les Nagu seront anoblis plus tard. François de Nagu obtint l’érection de la Seigneurie de Varennes en marquisat par lettres patentes de décembre 1618. Il fut un personnage : nommé bailli et gouverneur de Mâcon par la reine Marie de Médicis en 1611, gentilhomme du roi Louis XIII, conseiller d’Etat en 1617, maréchal de camp sous le prince de Condé, ambassadeur extraordinaire en Suède en 1630, commandant en Bresse, Bugey et Bourgogne, nommé en 1637, Lieutenant Général des Armées du Roi, il mourut à Aigues-Mortes et fut inhumé à Marchampt (Rhône).

Les Nagu, éblouis par les splendeurs de la capitale et les fêtes de Versailles, avaient quitté la province et s’étaient établis à Paris. Charles Gabriel de Nagu vendit le Marquisat de Varennes en 1769 à Monsieur Pierre Giraud, officier des cent gardes suisses du corps du Roi et secrétaire du Roi auprès de la cour des monnaies de Lyon.

1769-1794 Giraud de Varennes

Pierre Giraud se trouvait à la Toussaint 1793 dans son bois de Montoux et faisait marquer des arbres, quand deux gendarmes se présentèrent avec un mandat d’arrêt. Le gendarme Charbonnet, qui le connaissait, l’engagea à fuir, mais il refusa et fut amené à Lyon puis à Paris. En partant, il donna sa montre à son vigneron Sambardier en lui disant « Si je reviens, tu me la rendras. Si je ne reviens pas, garde-la ». Après un séjour en prison, il passa en jugement. Il fut accusé de s’être trouvé aux Tuileries le 10 août 1792 et d’avoir favorisé la fuite du Roi. Le 4 juillet 1794, il fut condamné à mort et guillotiné, fait exceptionnel dans le Rhône.

Le Château fut confisqué, déclaré propriété nationale et mis en vente en 16 lots au plus offrant à la bougie éteinte.

Diverses enchères s’en suivirent. Les frères Allemand achetèrent Varennes.

Le 12 décembre 1809, François et Hector Allemand vendirent le Château de Varennes à Antoine-Marie Belliard et à son gendre Jean Mathieu, demeurant à Saint-Lager, ancêtres de la famille Charvériat, originaire de l’Ain (Montceaux et Chaveyriat), qui en est propriétaire depuis plus de deux siècles.


Varennes hier, Varennes aujourd’hui

En 2015, l’un des membres de la famille Charvériat, actuellement propriétaire du Château de Varennes, fit une découverte étonnante dans les Archives de Seine-Maritime : un magnifique plan du Château de Varennes, peint à la main et daté de 1764. Ayant quitté le Beaujolais pour aller s’établir en Normandie, les Nagu ont sans doute souhaité emporter avec leurs effets personnels le plan de leur ancienne propriété, qui leur rappelait la région d’où ils étaient originaires. Peut-être ce plan servit-il également de support pour la vente du château et du domaine au nouveau propriétaire ? Il se caractérise en effet par sa très grande précision, avec une coupe horizontale des bâtiments et un tracé détaillé des jardins.

Le plan de 1764 :

Les contours actuels de la propriété superposés au plan de 1764 :